Vous trouverez ci dessous mon introduction à la présentation du budget 2014.

 Mesdames, messieurs,

Avant de laisser la parole à Jean-Claude Passier qui présentera le budget 2014, je souhaite vous parler du contexte dans lequel celui-ci a été abordé.

 Tout d’abord, vous n’êtes pas sans savoir que le contexte national est mauvais et que cela impose à toutes les collectivités de faire des efforts. L’état montre d’ailleurs le chemin en réduisant les dotations aux collectivités. Il les a réduites très fortement depuis 2 ans et ne nous faisons aucune illusion, cela va continuer dans ce sens.

Or, gérer, c’est anticiper.

Nous devons anticiper la baisse des dotations d’état et adapter notre budget à cette contrainte. Ce qui n’a jamais été fait depuis 6 ans. Et il faut aussi anticiper en fonction de la conjoncture générale. Elle est actuellement médiocre, nous resterons donc prudent sur les revenus de l’activité économique, nous vous proposerons un budget basé sur des recettes réalistes.

En second lieu, vous savez maintenant tous la situation financière dramatique dans laquelle nous avons trouvé cette ville. Le taux d’endettement par exemple qui s’est accru de 50%, nous faisant passer de 28 à 41 millions de dettes et pire encore, notre capacité d’autofinancement qui a fondu comme neige au soleil. Comment allons-nous faire pour résorber ces 41 Millions de dettes avec une telle capacité d’autofinancement ? Tout comme la baisse des dotations d’état, la mauvaise situation financière de notre ville est une donnée incontournable qu’il serait irresponsable de ne pas prendre en compte.

 Comme nous vous l’avons dit lors du débat d’orientation budgétaire, nous tiendrons notre engagement de campagne : nous n’augmenterons pas les taux d’imposition. Cela aurait été la voie de la facilité, l’engrenage de la chute, la voie que l’ancienne municipalité aurait sans doute prise. (Il n’y a qu’à voir les décisions prises l’an dernier en Conseil de communauté et qui ont lourdement pénalisé le commerce et les professions indépendantes, avant que les élus ne cèdent sous la pression et face à la proximité des élections).

Nous n’augmenterons pas les taux d’imposition parce que les français, les montbéliardais vont déjà subir les conséquences très importantes sur leurs revenus de tous les nouveaux impôts qui viennent de tomber depuis quelques mois. Les feuilles d’impôts sur le revenu également vont arriver et la facture sera « salée », sera lourde, comme elle l’a déjà été l’an dernier. Il n’est évidemment pas question pour nous d’ajouter un sur-impôt local au sur-impôt national. Trop d’impôt tue l’impôt, tout le monde le sait et pourtant –toujours les mêmes- ne peuvent s’empêcher d’user et d’abuser de cette pratique.
Nous n’augmenterons pas les taux d’imposition, il nous reste à baisser les dépenses courantes et à reporter certains investissements.

 Le budget que nous vous proposons aujourd’hui n’est pas définitif. Nous n’avons pas eu le temps nécessaire pour examiner en détail toutes les dépenses une à une.  Nous avons cependant réduit un certain nombre de dépenses pour commencer à nous sortir d’un autofinancement dérisoire. C’est une priorité évidente. Nous avons en particulier réduit  les indemnités du maire et des adjoints de 6,6 points par rapport à ceux de nos prédécesseurs qui amènera un gain annuel de 130 000€. Vous admettrez, j’espère que cet effort est important. Je ne connais guère d’exemple de salariés ou de professions indépendantes qui acceptent une telle baisse de leurs revenus. Nous ne travaillerons pas moins pour autant, nous voulons montrer par cet exemple que les réductions de dépenses sont impératives, que nous avons une véritable volonté de les faire et que nous les ferons. Nous avons également réduit les frais de réception de 14% et les 900 000 €uros des rythmes scolaires seront ramenés à 200 000€ en année pleine. J’aurais bien aimé passer à 0, mais « l’assouplissement»  de la loi Peillon n’est pas allé jusqu’à la rendre facultative… Nous simplifierons le système et il sera beaucoup moins couteux qu’aujourd’hui. Je vous informe d’ailleurs à ce propos que la consultation promise des parents et enseignants sur le ½ jour d’école en plus, mercredi ou samedi matin, aura lieu le mardi 6 mai. Vous apprécierez, je l’espère la rapidité avec laquelle nous avons tenu cette promesse électorale.

Vous l’avez compris, notre volonté est de réduire toutes les dépenses qui peuvent l’être tout en maintenant les services à la population et de faire participer tout le monde à cet effort nécessaire. Nous avons commencé par les élus, qui doivent montrer l’exemple et en cela, nos indemnités diminuent et seront donc inférieures à celles de nos prédécesseurs. Nous avons fait d’autre part un certain nombre d’ajustements sur les couts de  fonctionnement de la ville et ce budget sera réétudié à la baisse. De la même manière, nous avons symboliquement diminué (de 1,4%) le montant des subventions allouées aux associations qui perçoivent plus de 1000€ par an. Cette logique est appliquée dans la plupart des entreprises et de plus en plus aujourd’hui dans les organismes publics ou associatifs bien gérés qui veulent aller de l’avant, comme nous allons le faire pour les dépenses municipales. On sait désormais que tous les progrès n’exigent pas obligatoirement des budgets supplémentaires. Dans la période de disette  financière actuelle, ce sont ces sources de progrès que nous allons tous devoir rechercher.

Je vous rappelle d’ailleurs que dès notre arrivée, et au regard de ce que nous avons découvert, nous avons décidé de suspendre momentanement les recrutements.

 Pour mener à bien notre redressement financier, nous avons rencontré la semaine dernière les responsables de la Direction Régionale des Finances à Besançon pour leur présenter notre demande concernant l’audit dont nous vous avions parlé lors du DOB.   Je peux vous dire qu’ils ont très bien compris ce que nous recherchons : une évaluation indépendante et compétente. Ces deux qualités sont incontestables pour cet organisme. Ils ont également très bien compris et sont bien d’accord pour orienter leurs recommandations sur la base de notre engagement à ne pas changer les taux d’imposition et à maintenir les services à la population. Cette rencontre avec ces personnes de très haut niveau technique, à l’écoute, motivées, et en accord avec nos orientations a renforcé ma confiance dans la voie que nous empruntons pour résoudre LE problème de financement de notre collectivité.
J’attends les résultats et recommandations de cet audit avec impatience.

 Vous noterez également que cet audit sera gratuit. Montrant ainsi un autre exemple de notre volonté d’économies.

 Nous vous présenterons une première Décision Modificative du budget 2014 avant les congés d’été. Elle tiendra compte des résultats de notre analyse des dépenses poste par poste. Une seconde DM  tiendra compte des préconisations de l’audit.

 Je vais laisser la parole à JC Passier pour la présentation du budget « provisoire » pour 2014. Je sais que cela peut parfois être rébarbatif et j’en entends certains dire –parmi ceux qui nous ont mis dans cette déplorable situation financière - qu’ils en ont assez des chiffres, et qu’ils voudraient plutôt qu’on leur dise ce que nous allons faire pour les montbéliardais. Et bien, je veux dire à ces gens-là, qu’on a rien sans rien, qu’on ne fait rien sans argent et que si dépenser sans compter était –stupidement- d’actualité, c’est fini. C’est terminé : on fera avec ce qu’on a.  Nous parlerons d’argent aux montbéliardais. Oui, ils ont, eux aussi un budget à tenir, et ils comprennent –eux- notre discours responsable. Lorsque la situation financière sera rétablie, nous pourrons reprendre un rythme d’investissement raisonnable, pour des équipements utiles. Pour l’instant, il faut purger le passé.

Nous utiliserons cette période avant le retour à une saine gestion pour préparer sereinement  nos futures réalisations, donc nos futurs investissements, en conformité avec notre programme de campagne, notre projet et nos priorités.